Société

Des désengagés de Boko Haram souvent rejetés par leurs communautés peinent à se réintégrer

Une vue de personnes desengagés de boko haram

Selon des données datant de 2019, fournies par le Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme  à Ndjamena, on estime à plus de 4.000 le nombre de personnes qui ont tournées le dos au groupe islamiste Boko Haram dans la province du lac Tchad.

Ces désengagés de Boko Haram, après leur retour, éprouvent des difficultés pour se réintégrer dans la société. Ils sont difficilement acceptés, voire même rejetés par les communautés auxquelles ils appartenaient. Après s’être désengagés de Boko Haram, ils sont comme entre le marteau et l’enclume. Ils vivent avec la peur au ventre, car ils peuvent être recherchés par les djihadistes pour trahison et sont détestés par leurs proches. C’est en tout cas ce que nous révèle, Agassiz Baroum, sociologue assistant du Centre d’Études pour le Développement et de la prévention de l’extrémisme (CEDPE) lors d’une interview avec RNI. Selon l’expert, ces gens sont considérés par leur communautés comme des criminels. Ecoutons ses explications :

« Quelles sont les conséquences du rejet des désengagés de Boko Haram par la société » c’est aussi une question que nous avons posée au Dr Hoinaty Remadji, Chercheur Principal du Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le Bassin du Lac Tchad.  En réponse, il relève que si les difficultés de la réinsertion des désengagés n’est pas vite résolu, ils pourront regagner le terrorisme ou un autre groupe de bandits pour leur survie.

Écoutons Dr Hoinaty Remadji nous parler des conséquences du rejet des désengagés de Boko Haram par la communauté.

Il faut préciser que dans la plupart des cas, ces désengagés n’ont aucun statut juridique. Un travail a déjà été fait par le ministère de la justice au Tchad. Au-delà de ceci, des réflexions se font pour les aider à se prendre en charge. Il s’agit de les équiper de matériel de pêche, d’intrants, de matériels agricoles et de mettre à leur disposition des moyens pour faciliter l’élevage de petits ruminants, le commerce et développer l’artisanat. On évitera ainsi de faire d’eux une bombe à retardement.

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