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Tchad : La nomination du comité Ad Hoc pour la création du CNT ne fait pas l’unanimité

Un Décret signé en date du 11 Juin 2021, a mis en place un Comité Ad hoc composé de 11 personnes. Ce Comité se chargera de la sélection des candidatures pour le Conseil National de Transition (CNT) qui fera office de Parlement et sera chargé d’écrire la nouvelle constitution de la république. Le CNT fonctionnera pendant 16 mois et doit être composé de 93 membres. Ce Comité sera dirigé par le Général DJIMADOUM TIRAINA, secondé de MAHAMAT ALLAHOU TAHIR, qui fait office de 1er Vice-président. JEAN BERNARD PADARÉ, ancien porte-parole du MPS occupe le poste de 2ème vice-président. Parmi les personnalités les plus connues de l’opposition, on note aussi la présence de la deuxième personnalité de l’UNDR, CELESTIN TOPONA.

La composition de ce comité ne fait pas l’unanimité

Si beaucoup de personnalités n’ont toujours pas pris position, des organisations de la société civile et des partis politiques restés actifs dans les contestations, disent ce qu’ils pensent de ce comité Ad hoc. Succès Masra, le président du parti Les Transformateurs, a réagi sur RFI. Pour lui, à travers la constitution de ce comité Ad hoc, les Tchadiens sont mis devant un fait accompli et une conférence nationale souveraine devrait se tenir avant la mise en place des organes de transition. Succès Masra insiste sur la nécessité d’un consensus qui doit être une condition pour que la transition aboutisse sans reproduire les erreurs du passé.

Le Syndicaliste Barka Michel, membre de Wakhit Tama qui était en tête des manifestations, a lui aussi réagi. Sur les ondes de la radio Deutsche Welle, il estime que les gens mis dans le comité Ad hoc sont des gens du pouvoir et leurs alliés.

Dans la société civile, le mouvement citoyen le Temps partage cette même opinion. Son coordinateur, Alain Kemba, a aussi réagi sur les ondes de RFI. « Nous pensons aujourd’hui que l’urgence, c’est la tenue d’une conférence nationale souveraine et inclusive, qui est d’ailleurs revendiquée par l’ensemble des acteurs. Mais le Conseil militaire de transition continue de mettre en place des organes pour diriger la transition. Ce comité, qui est composé majoritairement de personnalités issues de l’ancienne majorité, aura à mettre sur pied un Conseil qui sera biaisé d’avance. » a-t-il indiqué. Il appelle les jeunes a ne pas baisser les bras et a continuer à se mobiliser pour les manifestations.

« Ce comité-là représente déjà les principales forces politiques actuelles. Celles qui, en tout cas, ont été par le passé légitimées par le suffrage universel et celles qui ont un poids politique réel dans le pays. » retorque le ministre de la Communication, Abderaman Koullamallah.

Concertation pour favoriser la réconciliation nationale

Après la mise en place de ce comité Ad hoc, l’organisation d’un dialogue national inclusif est la prochaine étape de la transition.  Pour favoriser sa réussite, les partenaires du Tchad mettent la main à la pâte.

Sur initiative du Système des Nations Unies au Tchad, une concertation de haut niveau en faveur de la réconciliation nationale, a eu lieu ce 14 juin entre le gouvernement de transition et les partenaires au développement du Tchad. Objectif visé : coordonner les apports des partenaires pour une transition réussie. Cette réunion de concertation a été co-présidée par Acheik Ibni Oumar, ministre d’État en charge de la réconciliation nationale et du dialogue, et   Mme Violet Kakyomya, coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Tchad.

A cette occasion, Violet Kakyomya a déclaré que la contribution des partenaires doit respecter la volonté des dirigeants du pays. « Quelle que soit notre contribution, elle doit strictement être conforme aux priorités nationales et aux choix que les dirigeants auront fait sur la façon dont ils comptent entreprendre les étapes. »

 

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