Économie Stabilisation

Stabilisation du Sahel : la culture du coton comme solution ?

« Sahel : et si le coton permettait de stabiliser la région ? » C’est la grande question a laquelle ont tenté de répondre à travers leur analyse publiée dans Jeune Afrique, Jean-Marc Gravellini, ancien directeur général des opérations de l’AFD, ex-directeur de l’Alliance Sahel et de Karim Ait Talb, Directeur général adjoint du Groupe Advens-Géocoton et cofondateur d’IAM Africa.

Pour eux, Barkhane va plier bagage en 2022 et une autre stratégie en dehors de celle de Barkhane qui était basée sur la défense et la diplomatie, s’impose. Une stratégie tournée vers l’agriculture et la culture du coton pourrait aider à contrer l’avancée des groupes armés, disent-ils.

L’argument avancé par ces derniers pour appuyer leur thèse est le fait que la situation économique et sociale de la région du Sahel pose beaucoup de questions. Des initiatives comme le lancement en 2017 de l’Alliance Sahel par la France et l’Allemagne, le Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel en août 2019, puis la coalition pour le Sahel en janvier 2020, devaient permettre aux populations du Sahel de trouver un avenir meilleur et une paix durable.  Mais elles n’ont pas suffi.

La culture du coton peut aider le Sahel dans son développement dans les domaines de l’accès à la santé et à l’éducation. « Aujourd’hui, les stratégies soutenues par les partenaires financiers des pays du G5 Sahel consistent, en premier lieu, à améliorer les conditions d’existence des populations directement touchées par les conflits, grâce à un meilleur accès aux services de base. Il s’agit ainsi d’intervenir directement auprès des hommes et des femmes en s’appuyant sur les acteurs de la société civile » disent-ils.

« Pour contenir la déstabilisation terroriste, le coton peut être une véritable muraille blanche »

La culture du coton peut aider aussi à apaiser les conflits car elle offre, par exemple dans les régions soudaniennes, de réels atouts, comme solutions pour contrer l’avancée des conflits armés et la menace de violence extrême. La culture du coton peut aussi promouvoir des coopératives et des organisations professionnelles.

Les deux analystes rappellent que la culture du coton a été initiée par la France pour développer les zones rurales africaines et approvisionner son industrie textile. C’est pourquoi selon eux, cette filière est une opportunité pour créer de la richesse avec un fort impact social.

Il faut dire que beaucoup de pays de la sous-région du Sahel sont de gros producteurs de coton. On pense aux  pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale comme le Mali, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, le Togo et le Sénégal.  Leurs productions s’élèvent à 1,3 million de tonnes de coton fibre, soit 14 % du commerce mondial. La superficie des espaces cultivés est de 3,4 millions d’ha pour 2,5 millions d’agriculteurs. Et on estime que 30 millions de personnes vivent du coton

C’est pourquoi disent, les deux experts dans leur analyse, « pour contenir la déstabilisation terroriste, le coton peut être une véritable muraille blanche ». Comme preuve, disent-ils, en 2019/2020, l’activité cotonnière a permis d’injecter dans les zones de production plus de 800 milliards F CFA (environ 1,2 milliard d’euros). Le coton permettrait, selon eux, l’industrialisation de l’économie grâce à la construction d’usines d’égrenage.

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