Société

Fait du jour/Société : A N’Djaména, des enfants vivant dans la rue rencontrent des  difficultés

Talibes with their alm boxes. Thousands of boys between 3 and 19, "talibes", beg on the streets of Senegal for their food and for money to give to the "teacher" who controls them.

Au Tchad, la situation sociale des enfants de la rue reste préoccupante. Plusieurs enfants font régulièrement l’objet de maltraitances psychologiques et de sévices corporels qui entravent dangereusement leur bien-être physique, social et mental. Confiés par leurs propres parents à des maîtres coraniques, ces adolescents sont soumis parfois à des tâches humiliantes et dégradantes qui dépassent leur jeune âge.

« Quelquefois ce sont les parents qui envoient leurs enfants dans cette situation », a expliqué Mahamat Djibrine Bichara, le secrétaire général de l’Association tchadienne pour la promotion et la Défense des droits de l’homme (ATPDH). Et d’ajouter que, certains sont contraints de quitter le cadre familial, compte tenu de la situation économique délétère dans laquelle végètent ces familles.

Quelques personnes interrogées dans les rues de capitale, imputent la responsabilité de cette situation, aux autorités auxquelles incombent la responsabilité de garantir l’éducation, la sécurité et la santé de tous les enfants tchadiens. C’est le cas de Ménodji, tenancière d’une alimentation de la place, qui soutient que cette situation perdure, parce que rien n’est fait pour dissuader les personnes véreuses qui se servent de leur position, pour bafouer les droits des enfants.

« La place de ces enfants est à l’école », a-t-elle poursuivi avant de rappeler, que le Tchad a souscrit à des conventions internationales sur les droits humains, qu’il est tenu de respecter. Elle estime par ailleurs, que la société a également une part de responsabilité, car l’éducation d’un enfant ne relève pas seulement du ressort de l’Etat.

En ce qui concerne le travail des enfants, l’avocat Koitem Fidel, rappelle que le Tchad membre de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), a ratifié plusieurs conventions de l’OIT notamment la convention 138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi et la convention 182 sur les pires formes de travail de l’enfant. Il y a des sanctions qui accompagnent la violation de ces différents textes de loi, a souligné l’avocat.

Koitem Fidel ajoute qu’il existe également des dispositions dans le code pénal, qui condamnent les auteurs des coups et blessures sur les enfants. Il s’agit des articles 307 et 320 du qui dispose qui disposent de manière très claire que : « Seront condamné à un emprisonnement de 6mois à 5 ans de prison, et une amende 50 mille à 500 mille FCFA, les personnes qui auront exposé ou fait exposer, délaissé ou fait délaisser, un enfant ou un incapable majeur hors d’état de se protéger lui-même en raison de son état physique ou mental.

Pour rappel, les Nations-Unies ont dédié le 13 juin, journée mondiale contre le travail des enfants. La 20ème édition a été célébrée cette année sous le thème : « Protection universelle pour mettre fin au travail des enfants ». Ainsi, si l’on prend garde, ces enfants pourraient à la longue constituer une menace pour la société.

Par Boulo Nasser

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