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Humanitaire

Conflit éleveurs et pêcheurs : les réfugiés de Oundouma bénéficient d’assistance humanitaire

23 septembre 2021
Temps de lecture : 4 minutes

A l’Extrême nord du Cameroun, MSF intervient suite au conflit qui a eu lieu 10 Août dernier dans la commune de Logone-Birni située dans la région. Deux communautés, les Mouzgoum , des pécheurs et les Arabes Choa, éleveurs, se sont affrontées suite à un litige foncier.  Cet affrontement avait fait 12 morts et 48 blessés.

Même si des forces de sécurité ont été déployées sur les lieux de l’incident pour ramener le calme, plusieurs familles ont fui vers le Tchad pour se réfugier  à Oundouma dans le Chari Baguirmi. En plus des fuites vers le Tchad, les pillages et incendies de villages avaient aussi entraîné un repli des populations sur la localité de Kousseri au Cameroun. Cette fuite massive des populations vers le Tchad a exigé une intervention humanitaire pour éviter le pire. On estime que plusieurs milliers d’habitants des localités concernées par ces violences ont fui. Près de 30 000 personnes, accueillies à l’école publique du village Oundouma. étaient confrontées au manque de besoins de première nécessité.

MSF continue d’apporter son appui

La période de saison des pluies est propice à une forte transmission du paludisme ainsi que des maladies diarrhéiques avec un risque non négligeable de choléra. Etant donné les inondations récurrentes dans la zone, les populations entassées là où elles sont accueillies,  couraient le risque d’être contaminées.

MSF a déployé une équipe de 5 personnels médicaux dont 2 médecins, 2 infirmiers, et un psychologue clinicien avec une équipe de coordination pour apporter un support à la prise en charge des blessés et des personnes déplacées restées au Cameroun. S’en est suivi une donation d’équipements avec des kits de prise en charge des blessés comprenant des médicaments, compresses, pansements. Les blessés ont aussi été conduits à Ndjamena à l’aide d’ambulances médicalisése.

MSF est allé sur le terrain fournir une assistance d’urgence pour les nombreux cas de paludisme constatés, pour la diarrhée et la malnutrition infantile. 1 972 consultations ont été réalisées dans les localités de Oundouma et Gamakotoko. Les interventions se faisaient surtout en collaboration avec les structures sanitaires de Ndjamena et l’hôpital de District de Kousseri. Mais depuis la fin du mois d’aout, l’organisation humanitaire internationale a réduit sa présence sur le terrain, le relais est passé à d’autres organisations qui travaillent toujours pour aider ces populations.

Une opération de rapatriement volontaire est  lancée par les autorités

Les autorités administratives et traditionnelles du Tchad comme du Cameroun,  accompagnées des humanitaires, s’étaient rendues ce jeudi 16 septembre à Oundouma, localité qui accueille ces réfugiés. Objectif : échanger avec les réfugiés sur le rapatriement volontaire qui est déjà dans un processus engagé.

La délégation camerounaise était représentée par le préfet du Logone et Chari, Ndongo Ndongo Lazare qui a voulu rassurer sur le fait que le calme est revenu. «Le Cameroun a pris des dispositions aussi bien au plan sanitaire qu’au plan alimentaire. Nos compatriotes peuvent en toute sérénité rejoindre leurs localités », a-t-il indiqué. Le rapatriement doit se faire de manière volontaire. Chacun devra exprimer sa volonté de rentrer chez lui ou non.

Le gouverneur de la province du Chari-Baguirmi, Gayang Souaré, a lui-même conduit la délégation tchadienne. Les doléances des réfugiés selon lui, sont légitimes. « Nous devons vous accompagner pour que vous repartiez chez vous en vous donnant les vraies informations. Je suis en contact régulier avec le gouverneur de l’Extrême Nord qui m’a rassuré sur les dispositions prises pour assurer la sécurité de ces concitoyens ».

Des échanges entre les différentes parties impliquées dans le processus vont se poursuivre afin de permettre de consolider les modalités de retour de ces réfugiés. Il faut rappeler que 12 579 personnes réfugiées  avaient fui les affrontements au Cameroun.

À propos de l’auteur

Eric lega