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Tchad : un anniversaire d’indépendance tourné vers le futur

Le Tchad a commémoré ce 11 août le 61ème anniversaire de son indépendance. Dans beaucoup de villes du pays, la fête a été célébrée. A Ndjamena, une cérémonie avec défilé et prise d’arme a été organisée sous le commandement du Général des corps d’armée, Mahamat Idriss Deby ITNO. Les membres du CMT ainsi que d’autres personnalités de la république étaient présents. Au menu de la cérémonie, il y avait une revue de troupes, le dépôt des fleurs au monument aux morts. Les différents corps d’armée et de la sécurité ont tour à tour défilé. Une démonstration des avions de guerre et le déploiement des arsenaux militaires, notamment les chars de combats et bien d’autres armes lourdes, ont clôturé le défilé.

Mahamat Idriss Déby lance un appel en faveur du dialogue national

C’était aussi l’occasion pour le président du Conseil militaire de transition de s’adresser pour la deuxième fois aux Tchadiens. Dans un discours fort, avec des mots choisis, Mahamat Idriss Deby Itno a appelé les Tchadiens de différentes couches et corporations à revoir leurs positions pour la tenue d’un dialogue national inclusif. Il a lancé « un appel pressant aux groupes politico-militaires de reconsidérer leur position et revenir nous retrouver pour une impulsion collective ».

Dans son discours, le PCMT n’a pas manqué d’aborder la question épineuse de la participation des groupes politico-militaires au dialogue. C’est la première fois que les autorités de la transition abordent cette question. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a souligné sur les ondes de RFI, la volonté d’organiser « un dialogue sans exclusive, un dialogue sincère. »  Le groupe rebelle FACT, principal opposant militaire, insiste lui  sur la création d’un comité d’organisation du dialogue ouvert aux différentes sensibilités et la présentation de garanties parmi lesquelles une amnistie générale.

Réactions à l’occasion du 61ème anniversaire de l’indépendance

Des grandes figures tchadiennes, des responsables des organisations sous régionales et internationales ainsi que des pays amis, ont réagi à l’occasion de ce 61ème anniversaire. A commencer par l’ex-ministre, ambassadeur de la paix et représentant de l’OIF, Abdramane Djasnabaye qui fait un bilan mitigé.  « Il faut se remettre en cause. Il faut que les tchadiens se battent pour leur indépendance réelle de manière à ne pas compter sur les autres » lâche-t-il.

Le président de la commission de l’Union Africaine, Moussa Faki,  a lui aussi réagi et félicite le PCMT pour les efforts soutenus que le Tchad déploie pour assurer la paix et la sécurité à l’intérieur du pays et dans la sous-région. Il a réitéré la disponibilité de la Commission de l’Union africaine à accompagner le Tchad dans ce combat.

Réagissant sur le plateau de l’émission de débat Kura Bari enregistré ce jeudi, le Professeur Sitack Yobatninan Beni, analyste et politologue, a indiqué que l’accession à l’indépendance du Tchad avait suscité en son temps beaucoup d’espoir chez les Tchadiens. Pour eux le Tchad aurait du inscrire son nom dans le concert des nations et prendre son envol. « Le discours avait même été prononcé sans électricité et avec une lampe torche. Je me demande si 61 ans après on a l’électricité ? je pense que non. » dixit le professeur Sitack.

Un des principaux partis politiques de l’opposition, l’UNDR, a réagi par un communiqué de presse explicite: « le Tchad n’a pas pu bénéficier en tant que pays souverain, des délices d’un développement économique et social qui aurait pu le classer aujourd’hui parmi les Etats où il fait bon vivre ».

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