Médias

Réactions au confinement : journalistes pas pris en compte dans le décret

journaliste au studio en interview

Depuis le 1er janvier, un confinement est instauré à Ndjamena par un décret présidentiel, renforcé par un couvre-feu qui commence de 18 à 5h du matin. Dans ce décret, les institutions, corps professionnels et autres secteurs autorisés à travailler sont nommément cités. On n’y trouve aucune disposition qui parle des journalistes, les autorise ou les oriente pour l’accomplissement de leur travail combien important pendant cette période.

Les journalistes sont mécontents

Cela n’a pas été du gout des professionnels de l’information qui trouvent que les autorités les ont oubliés. Le président de l’Union des journalistes tchadiens a fait une sortie lors de laquelle, il tenu à repréciser l’importance des médias en ces termes : « Les médias privés comme publics sont ignorés dans la sélection des personnels qui doivent circuler pendant ce temps de confinement total, alors que pour informer la population sur le décret portant le confinement total, le gouvernement s’est servi des médias pour passer le message. »

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L’organisation des journalistes a mené différentes démarches auprès des autorités et de la HAMA (Haute Autorités des Médias et de l’Audio-visuel) pour que les journalistes soient protégés pendant cette période.

A l’heure actuelle les démarches n’ont pas encore abouti, mais les choses sont en cours, promet le président de la HAMA, Dieudonné Djonabaye. Ce dernier demande d’ailleurs aux journalistes de se conformer aux termes du décret actuel. Il insiste : « Les radios doivent travailler avec un nombre minimum et essentiel. Les programmes doivent s’arrêter à vingt heures. Et la seule pièce qui peut permettre aux militaires de reconnaitre tel ou tel, est la carte professionnelle du journaliste, délivrée par les autorités en charge. »

Il faut dire que cette décision en vigueur met les journalistes dans une mauvaise posture dans l’exercice de leur métier combien important. Les expériences passées montrent d’ailleurs que beaucoup de journalistes ont été victimes d’actes humiliants de la part des forces de l’ordre. Conscients de l’importance de leur rôle, les journalistes doivent malgré tout continuer à travailler.

La radio joue pourtant un rôle plus important dans la sensibilisation

Parlant de la radio, tout le monde doit noter que c’est un outil de communication très efficace pour sensibiliser la population afin de réduire la propagation du covid-19. Ce même outil peut changer facilement le comportement des personnes. Ces propos sont de Abba Ali Kaya, journaliste de carrière et ancien cadre de la chaine de communication du Tchad, que nos reporters ont rencontré ce matin. Abba Ali Kaya insiste : « Le Tchad est un pays où le taux d’analphabétisme est trop élevé. Et dans une radio, toutes les langues du pays sont utilisées. Donc, c’est le moyen le plus indiqué pour faire parvenir les messages de sensibilisation aux paysans  et même aux chefs traditionnels qui sont sous le choc. »

Nous pouvons l’écouter dans un extrait proposé par Moussa Mahamat Seid.

La radio est de nos jours accessible pour tout le monde et peut donc aider facilement les populations à changer de comportement, insiste-il.

Il est toujours au micro de Moussa Mahamat Seid

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