Éducation

Province du Lac Tchad : à Gim et Kaiga l’école fonctionne mal et les enfants paient le prix fort

Des élèves en classe

Dans la province du Lac Tchad précisément a Gim et à Kaïga, près de 800 élèves sont encadrés par un seul enseignant. Ces élèves de différents niveaux partagent la même salle de classe. C’est une situation extrêmement difficile dans un contexte marqué par la pandémie à coronavirus. Notre journaliste a sillonné ces deux villages.

Son constat révèle qu’à Gim, localité située à 25 kilomètres de Liwa dans le département de Fuli, la plupart des enfants n’ont pas accès à l’éducation. Des centaines d’enfants ne vont pas à l’école. La seule école du village dispose d’un bâtiment composé de trois salles de classe. Les élèves de CP (1,2), CE (1,2) et CM (1,2) sont regroupés dans une salle. Tous ces niveaux sont encadrés par un seul maître d’école qui joue aussi le rôle de directeur de l’établissement.

Cela fait  9 ans que cette école est ouverte. En plus du manque d’enseignant, le bâtiment de trois classes que nous avons visité, manque de table-bancs. Les enfants sont assis à même le sol pour suivre les cours, ils ont la volonté d’aller à l’école mais les conditions sont très difficiles et inconfortables pour les élèves et l’enseignant.

Chandra Daba André, enseignant à Gim : « Il y a vraiment beaucoup de difficultés dues aux multiples conditions qui ne sont pas réunies dans notre école. L’école existe depuis 2004 et quand je suis arrivé, il n’y avait pas de tables bancs et pas d’enseignants, je suis seul. Dès le matin quand j’arrive, je donne un exercice aux classes de CM1 et CM2 ensemble, je passe aux CE1 et CE2 pour donner aussi un exercice et après vient le tour des CP1 et CP2. A chaque fois que je passe d’une classe a une autre, je choisis un élève de la salle pour diriger la lecture avec les autres ».

Le système éducatif dans la région du Lac est presque à terre

 La situation est la même à Kaiga, village situé à environ trente kilomètres de Liwa. La situation est encore plus difficile car les élèves suivent les cours sous un hangar de fortune. Alors que la plupart des enseignants ont fui la zone, le seul présent sur place est contraint d’organiser ses heures entre des élèves de différents niveaux. Comme Hamza et Kakaye, les élèves restent malgré tout animés par une volonté accrue d’apprendre.

« Nous conseillons souvent les autres enfants qui s’absentent sur l’importance de l’école. Même leurs parents les orientent et leur montrent que l’école est très importante. Au début, nous étions 45 dans la salle mais aujourd’hui nous ne sommes que 5. Tout cela parce que certaines filles qui étaient parmi nous sont mariées et que la situation dans laquelle nous étudions est très difficile ».

Depuis la présence de la secte Boko Haram, le système éducatif dans la région du Lac est presque à terre. Les enfants des déplacés et les autochtones n’ont pas véritablement accès à l’école. Dans ce contexte, que nous réserve l’avenir de ces enfants qui ne vont pas à l’école ? Nelson Mandela, l’ancien président Sud-Africain, n’avait-il pas raison de dire que « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ?».

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