Humanitaire

OCHA est inquiet pour les personnes déplacées internes

D’après le rapport du sous cluster protection de OCHA de ce mois de mars, le budget alloué à la prise en charge de 302 845 personne a connu une forte hausse par rapport à 2020. Le nombre de personnes déplacées internes est passé de 169 003 à 336 124, en raison de la multiplication des conflits non armés. Au début de l’année 2021, on dénombrait plus de  11 000 personnes soit 2 606 ménages deplacés à cause des conflits et de l’insécurité.

Le rapport indique que la présence d’engins explosifs, les opérations militaires et le mauvais état des infrastructures, sont les contraintes principales limitant l’accès aux populations dans le besoin. De plus, les violations des droits humains font partie des principales causes et conséquences de la crise humanitaire dans la province du Lac. On a relevé 1058 incidents de protection dans la province du Lac de janvier à décembre 2020. La majorité de ces incidents, ont, selon le cluster protection, eu lieu dans les localités des sous-préfectures de Ngouboua, Kaiga-Kindjiria et Kangalam dans les « zones rouges ». 116 000 personnes déplacées se trouvent dans ces zones dites « rouges ».

Les meurtres d’hommes entraînent une augmentation des chefs de ménages féminins ayant en charge les enfants ; les femmes adultes et les enfants (filles et garçons) représentent respectivement 22 et 60 % de la population déplacée .  Leurs besoins sont nombreux. Les filles et femmes sont exposées aux risques de violences sexuelles et de maladies, La rareté de l’eau et du bois de chauffe les exposent à des risques d’agression sexuelle et physique lorsqu’elles parcourent des kilomètres. Le manque ou l’insuffisance de latrines séparées pour hommes et femmes sur les sites des personnes deplacées internes constitue également un facteur de risque.

L’insécurité alimentaire et la malnutrition sont des facteurs de risque pour les femmes enceintes et allaitantes. Au total, 1295 incidents de VBG ont été rapportés dans le cadre du suivi des violences basées sur le genre dans la province du Lac sur 37 sites et villages d’accueil. De plus,  les enfants pris pour cible dans le conflit armé du Basin du Lac Tchad,  subissent des violations graves de leurs droits avec des répercussions à long terme pour leurs développement et bien-être physique et mental, ainsi que pour le maintien de la paix, de la sécurité et du développement durable de la région.

OCHA formule des messages clés et recommandations pour les réponses qui devront être menées sous le lead des autorités,  qui demandent toutefois l’engagement de la communauté humanitaire, des bailleurs de fonds et des acteurs de développement.

Recommandations et messages du cluster protection à l’endroit des acteurs

Pour la protection des civils, le cluster demande à l’Etat entre autres de protéger les civils qui résident dans la zone rouge. L’Etat doit selon le cluster, revoir les cas d’arrestation arbitraires et taxes illégales aux points d’entrées des marchés et aux postes de contrôles. Le droit de tout individu à la liberté et la sécurité doit être respecté.

Le cluster protection insiste sur le fait que la documentation civile fournit une protection contre l’apatridie, les arrestations arbitraires, des abus des enfants en conflit avec la loi. C’est pourquoi il est important d’assurer un financement des programmes d’appui aux services d’état civil, notamment l’Agence Nationale des Titres Sécurisés du Tchad (ANATS) pour la délivrance des actes de naissances et de cartes nationales d’identité.

Les humanitaires ont beaucoup de difficultés pour accéder aux zones où vivent les personnes deplacées internes.  Tout devrait être fait pour assurer le respect du principe du caractère civil des sites et assurer l’accès humanitaire sur les sites de PDIs et villages d’accueils en vue de fournir une protection et une aide auxquelles les personnes déplacées et les populations hôtes ont droit. La priorité devrait être accordée aux sites à forte concentration de population où l’accès humanitaire a été restreint, notamment sur le site de Forkolom.
Cette recommandation est faite à la Cellule de Coordination Civil-Militaire, aux équipes humanitaires ainsi qu’a l’Etat.

 

 

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