Entretien

L’importance de l’allaitement maternel et la vaccination de routine.

 

Radio Ndarason Internationale a reçu week-end dernier  Achta Malloum Kader, experte nationale en santé de la reproduction et vice-présidente de la PRONES, association pour la protection et la nutrition des enfants du sahel, à l’occasion de son assemblée générale.  Dans cet entretien, Achta Malloum Kader  indique que l’allaitement maternel renforce le système immunitaire de  l‘enfant et le protège de nombreuses maladies.

Nous vous proposons dans les lignes qui suivent l’intégralité de cet entretien réalisé par Mahamat Ali Mouta.

Mahamat Ali Mouta : Quel rôle joue la PRONES ?

Achta Malloum Kader : La PRONESS est une association qui œuvre en faveur de la protection et la nutrition des enfants du sahel.  Nous avons dit que c’est pour les ‘’enfants du sahel’’, mais nous  nous focalisons pour l‘instant dans notre pays le Tchad qui est aussi un pays sahélien. L’association est nouvellement crée avec le temps, quand elle grandira, nous irons étendrons notre lutte dans tous les pays du sahel. L’objectif est de permettre à l’enfant d’être vraiment sain pour pouvoir grandir.

Mahamat Ali Mouta : Pourquoi a-t-on un taux élevé d’enfants malnutris au Tchad ?

Achta Malloum Kader : Il y a des enfants malnutris à cause du faible  pouvoir d’achat de leurs parents. Pour bien nourrir l’enfant, il faudra le nourrir avec des aliments de base du pays.  Sur la base de ces aliments, on peut déjà permettre de nourrir normalement les enfants. Cependant, les enfants de 0 à 6 mois doivent uniquement consommer du lait  maternel. Ce lait qui contient du colostrum est très riche. Ce premier lait qui vient ne contient qu’une quantité de 37 millilitres. Mais ces 37 millilitres permettent déjà de protéger l’enfant  contre les infections. Malheureusement lorsque la femme accouche on tire ce lait qui est le colostrum pour le jeter et on fait prendre le lait tout blanc à l’enfant. Pourtant ce lait de couleur jaune qui est le plus important. Il peut sauver la vie de l’enfant car il peut aider l’enfant à ne pas tomber malade. Ce lait protège également contre les infections.

Mahamat Ali Mouta : Pourquoi  certains parents ne comprennent pas jusque-là l’importance du colostrum ?

Achta Malloum Kader : Cela est dû à un manque de communication et de sensibilisation. Si réellement, il y a une sensibilisation orientée vers ces mères d’enfants et femmes allaitantes, je pense qu’elles changeraient  de comportement.

Mahamat Ali Mouta : Vous venez de parler de certains aliments qu’on peut trouver même au Tchad dont on ignore l’importance. Quels sont ces aliments?

Achta Malloum Kader : Ce sont des aliments qu’on peut trouver dans notre pays bien sûr. Nous avons les aliments énergétiques, nous avons les aliments constructeurs et les aliments protecteurs. Par exemple, les aliments énergétiques, nous avons le mil. Il y a le penicilaire (petit mil ou mil à chandelle), le maïs et les tubercules tels que les maniocs. Ce sont des aliments qui permettent déjà à cet enfant d’être très fort et de grandir normalement. En ce qui concerne les aliments constructeurs, nous en cultivons dans le pays. Il y a, par exemple, les carottes qu’on peut  acheter pour 100 Franc et faire manger l’enfant pendant deux à 3 jours pourvu qu’on sache bien les conserver. Nous avons également les épinards et autres aliments protecteurs tels que le haricot qu’on peut avoir sur le marché. Ces aliments peuvent remplacer la viande dans l’alimentation car ils sont riches en protéines. Donc, tous ces aliments énergétiques protecteurs ou constructeurs, nous en avons ici sur place dans notre pays.

Mahamat Ali Mouta : Comment faire pour prévenir la malnutrition ?

Achta Malloum Kader : Pour prévenir la malnutrition, il ne suffit pas seulement de beaucoup manger. Il faut, certes, manger mais de façon équilibrée. Equilibrée veut dire associer l’un des aliments énergétiques, protecteurs et constructeurs. Le papa de l‘enfant doit également aider la maman dans l’alimentation de l’enfant.

Mahamat Ali Mouta : Quel rôle doit jouer le papa ?

Achta Malloum Kader : Le papa peut, par exemple, aider la maman à bien s’alimenter. Car, si la femme mange bien ça peut lui permettre également de bien nourrir  son enfant. Si la maman est rassasiée, elle peut produire assez de lait. Le papa devrait aussi suivre de près ce que l’enfant à manger. Il peut aussi contrôler ce que sa femme a pris et vérifier si l’enfant a déjà eu l’essentiel par rapport à ça survie.

Mahamat Ali Mouta : Est-ce que la fréquence du tété détermine la quantité de la production du lait ?

Achta Malloum Kader : La fréquence du tété permet déjà d’avoir une bonne production de lait. L’OMS, par  exemple, recommande 8 à 12 tétés par 24 heures. Si la maman laisse téter l’enfant et après avoir fini elle le remplace sur l’autre autre sein, il va y avoir une bonne production de lait. Mais pourquoi les mamans n’ont- elles pas assez de lait ? C’est parce que quand l’enfant commence à téter une partie, si elle est un peu occupé quelque part, elle retire les seins des mains de l’enfant. Elle va faire d’autres choses avant de revenir. Ce qui fait que la femme ne va pas produire assez de lait.

Mahamat Ali Mouta : Certaines mamans disent avoir mal quand l’enfant tète. Qu’est ce qui peut expliquer cela ?

Achta Malloum Kader : C’est tout à fait normal. Moi je pense que quand l’enfant tète elle doit toujours avoir mal. Elle est obligée d’accepter et de laisser téter son enfant.

Mahamat Ali Mouta : Certaines femmes refusent d’amener leurs enfants à la vaccination de routine ?

Achta Malloum Kader : Je lance un appel à ces femmes pour amèner ces enfants à la vaccination de routine. Ce sont ces vaccinations de routines qui permettent également de protéger l’enfant contre certaines maladies. Et, une fois après avoir mis au monde, la maman doit amener l’enfant à la vaccination pour prendre son BCG. Quand elle accouche dans la famille, chacun viendra prendre l’enfant  et l’embrasser. Et si l’une des familles est atteinte d’une tuberculose productive, il peut déjà contaminer le bébé. C’est pourquoi il est très important d’amener l’enfant à la vaccination de routine. Par rapport au vaccin pentavalent 1, 2 et 3  il est aussi important de continuer jusqu’à 9 mois pour que l’enfant soit protégé contre la rougeole, le Man Africa et aussi le VIA qui est le vaccin antiamaril.

Mahamat Ali Mouta : Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des femmes pour qu’elles amènent leurs enfants à la vaccination ?

Achta Malloum Kader : Nous demandons aux mères  de vacciner leurs enfants car cela les protège. En plus la vaccination et le vaccin sont vraiment gratuits.  Gratuit pourquoi ? Parce que ces vaccins si on les met dans les pharmacies, on ne pourra même pas payer un des vaccins pour en donner à nos enfants. Donc il vaut mieux que les mamans suivent ce qu’on leur demande de faire.

Mahamat Ali Mouta :  Merci Achta Malloum Kader

Achta Malloum Kader : Merci Mahamat Ali Mouta