Nouvelle régionales Paix et sécurité

L’extrême Nord du Cameroun est de plus en plus l’épicentre des violences

Dans son dernier rapport sur le Cameroun, Human Rights Watch interpelle le gouvernement du Cameroun sur la sécurité des communautés, vulnérables face aux attaques des insurgés de Boko Haram. « Le gouvernement devrait prendre des mesures concrètes pour à la fois accroître la protection des communautés vulnérables, et s’assurer que la réponse des forces de sécurité face à l’aggravation de la violence soit respectueuse des droits humains » déclare l’organisation de défense des droits de l’homme. Selon les informations rapportées dans ce rapport, Boko Haram mène de nouvelles attaques depuis décembre 2020 contre les populations de l’Extreme Nord du Cameroun. Ces attaques dans les villages et villes auraient couté la vie à au moins 80 personnes et des centaines de villages auraient été pillés. Ce fait montrerait selon Human Rights Wach que le Cameroun devient de plus en plus « l’épicentre de la violence de Boko Haram. »

Human Rights Watch rapporte aussi dans son document des témoignages et des faits qui mettent en exergue ce que les victimes ont subi. Ce qui fait dire à l’organisation que le nombre de victimes pourrait être plus élevé que les chiffres rapportés car les détails des attaques ne sont pas toujours signalés. Human rights Watch s’est entretenu au téléphone entre les dates du 25 janvier au 25 février 2021 avec au moins 20 victimes de cinq attaques commises dans les villes et villages de Blabline, Darak, Gouzoudou et Mozogo, situés dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, avec quatre membres des familles de victimes, deux travailleurs humanitaires et cinq activistes locaux, plus deux victimes et un témoin de violations des droits humains commises dans la région par des soldats camerounais.

« La protection des civils doit être renforcée et le comportement des troupes surveillé »

L’organisations interpelle les hauts responsables en ces termes : « Il est indispensable que le Cameroun et la Force multinationale améliorent la conduite des troupes déployées pour contrer Boko Haram et veiller à ce que les allégations de violations des droits humains qui pèsent contre elles fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires. » Avant de poursuivre que : « Les partenaires internationaux du Cameroun devraient faire pression pour que les responsabilités des violations des droits humains soient établies et œuvrer à renforcer la composante civile de la Force multinationale et de son bureau dédié au respect des droits humains. »

Human Rights Watch n’a pas manqué d’exhorter le parlement camerounais pour la tenue d’une session extraordinaire afin d’examiner la question des attaques et faire des recommandations sur la manière de renforcer la protection des civils et solliciter l’aide d’acteurs internationaux si nécessaire.

Human Rights Watch informe dans son rapport que la crise Boko Haram a occasionnée la fuite de 322 000 personnes depuis 2014 et 12 500 personnes depuis décembre.

 

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