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La mort de Hissène Habré, l’ancien président Tchadien, suscite de nombreuses réactions

L’ancien président Tchadien Hissene Habré est décédé ce mardi 24 août au Sénégal à l’âge de 79 ans. Il purgeait sa peine de prison à perpétuité. Selon un communiqué de sa femme Fatimé Raymonde Habré, ce dernier serait mort des suites du COVID-19. Cette version des faits a été contredite par l’administration pénitentiaire où il purgeait sa peine.

Après l’annonce officielle de la mort de Hissene Habré, beaucoup de réactions ont été enregistrées. Qu’elles viennent de personnalités, de citoyens Tchadiens lambda mais aussi de la presse africaine. La première réaction à signaler est celle du général Mahamat Idriss Deby. « Ayant appris ce matin, le décès brusque de l’ancien Président Hissene Habré, j’adresse mes sincères condoléances à sa famille et au peuple tchadien. À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons » a-t-il tweeté.

Me. Jacqueline Moudeïna, l’avocate des victimes d’Hissene Habré, n’a pas tardé à réagir. Pour l’avocate, la mort d’Hissene Habré est un sujet de tristesse mais la lutte continue. Pour elle, « les victimes n’ont pas été indemnisées, ni par l’Union africaine qui a pourtant constitué un fonds au profit des victimes, ni par l’État tchadien qui est condamné à verser une indemnisation aux victimes ». Selon Me. Moudeïna, « la justice est incomplète, ce qui ne permet pas de tourner la page ».

L’ancien président Tchadien est mort pendant que les victimes ne sont toujours pas indemnisées. Elles sont au total, 8600 victimes et chacune devait recevoir 20 millions de CFA. La Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) a rapporté dans les documents retrouvés que 40 000 personnes ont été tuées sous le règne d’Hissene Habré.

D’autres personnalités politiques du pays ont aussi réagi. Jean-Bernard Padaré, le secrétaire général adjoint et porte-parole du MPS, adresse ses condoléances à la famille du disparu. Revenant sur le personnage Habré, Jean Bernard Padaré a déclaré que Hissene Habré n’était pas si mauvais : « Il a été l’un des précurseurs à affirmer la fierté d’être africain, d’être tchadien. Le Tchad était envahi par les Libyens. Il a tout fait avec ses compagnons d’armes de l’époque. »

Pour Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition sous Idriss Déby, Hissene Habré a encore des partisans au pays. L’homme, selon lui, militait ouvertement pour la cause nationale.

La presse nationale comme internationale est revenue plus amplement sur l’information

Dans la presse nationale, Toumai web média publie sur son site un article qui rapporte les déclarations de Mme Raymonde Habré qui dit que «Habré reposera en terre sénégalaise». « Le Président Hissene Habré est l’un des fils les plus dignes et les plus illustres du Tchad. Il a très tôt été un homme engagé contre la dictature et contre le retard organisé et l’appauvrissement d’une certaine catégorie de Tchadiens. Grâce à cet engagement, tant de choses ont pu être changées et bien d’injustices réduites. »  Tchadinfo n’a pas manqué l’information. « Goukouni-Habré : destin croisé du prince et de l’intello » peut-on lire sur son site.

« L’ancien président tchadien Hissène Habré est mort à Dakar », titre le Journal du Tchad. « L’ancien politico-militaire avait gouverné le Tchad d’une main de fer entre 1982 à 1990. En 2016, il avait été condamné à la prison à perpétuité par les Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour : ‘crimes contre l’humanité, torture, viols, esclavage sexuel, et crimes de guerre’. »

« Hissène Habré, du rêve au cauchemar », indique Walf Quotidien,  un journal installé à Dakar au Sénégal. « Il fut un temps où l’ancien président tchadien incarnait pour beaucoup d’Africains la résistance contre l’impérialisme français. Mais une fois au pouvoir, il s’était montré sans pitié pour ses compatriotes. » rapporte le journal.

Sahel Tribune va dans le même sens: « toute mort est certes une consolation pour les croyants, mais la chute des grands dictateurs doit servir de leçon dans ce monde déchiré par la course aux intérêts, l’arrogance et le manque d’humilité. Dans les familles, les communautés, les nations, les plus puissants se considèrent comme ayant le droit de vie et de mort sur les plus faibles. Les décideurs politiques ne cessent de bafouer les droits de leurs citoyens. Pourtant, on oublie que nul ne détient, sur terre, le véritable pouvoir. » lit-on dans ses colonnes.

 

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