Nouvelle régionales Stabilisation

G5 Sahel : L’alliance Sahel soutien les pays membres face au changement climatique

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, l’Alliance Sahel s’est engagée pour soutenir les efforts des pays du G5 Sahel. L’Alliance Sahel, officiellement créée en juillet 2019 a un groupe de travail dédié au climat, co-présidé par la Banque Africaine de Développement et le Ministère néerlandais des Affaires étrangères.

Les objectifs de ce groupe sont d’intégrer à la fois l’atténuation et l’adaptation au changement climatique dans toutes les interventions de l’Alliance Sahel et de contribuer à harmoniser et à coordonner les efforts entre les partenaires et les priorités des pays du G5, telles que définies dans les CDN ou les Plans nationaux d’adaptation.

Selon l’Alliance Sahel, les pays du G5 Sahel figurent parmi les 20% les plus vulnérables aux risques du changement climatique. Le Tchad est classé 1er, selon l’indice ND-GAIN, le Niger 9ème et le Mali 12ème. La fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes, l’épuisement des ressources naturelles, l’insécurité alimentaire et hydrique, la multiplication des maladies et l’augmentation des migrations et des déplacements sont aussi des conséquences de ce phénomène.

Les contributions déterminées au niveau national de tous les pays du G5 Sahel comprennent, comme domaines prioritaires : la gestion durable des terres, l’agriculture, la gestion de l’eau, l’amélioration de l’accès à l’énergie.

Renforcer le dialogue et la coopération avec le G5 sur la lutte contre le changement climatique et faciliter une mobilisation accrue des ressources sont les recommandations faites par le groupe de travail dans ce sens. Cela se traduit notamment par des échanges techniques entre le groupe transversal Climat et les points focaux du G5 Sahel sur ces questions, un dialogue permanent, et des objectifs partagés dans le cadre des grandes initiatives et évènements internationaux sur le sujet, COP 26, COP15 Biodiversité ou encore l’initiative Grande muraille verte.

L’alliance s’appuie sur les efforts existants pour renforcer les capacités au sein du G5 en matière d’intégration de la lutte contre le changement climatique mais aussi à travers une attention particulière portée au renforcement des capacités institutionnelles, au partage des connaissances entre pairs au niveau régional.

Quels sont les projets soutenus par l’Alliance Sahel dans les pays du G5 Sahel ?

De nombreux membres contribuent déjà à l’initiative africaine de la Grande Muraille verte au Sahel (restauration des terres, séquestration du carbone, création d’emplois). L’Agence française de développement, en collaboration avec l’UE, la Banque mondiale, le FIDA, le Fonds vert pour le climat et d’autres membres de l’Alliance, a prévu de renforcer son soutien à cette initiative, dans le cadre d’une approche multi bailleurs et transnationale, axée sur la résilience rurale et le développement de pratiques agroécologiques.

La Banque africaine de développement est le fer de lance de l’initiative « Desert to Power« , un vaste programme régional visant à promouvoir des investissements à grande échelle pour exploiter le potentiel solaire de 11 pays du Sahel (dont les pays du G5 Sahel), afin de déployer 10 GW d’énergie solaire d’ici 2030 et de fournir un accès à l’électricité à environ 250 millions de personnes dans tout le Sahel. La BAD gère également plusieurs fonds dédiés au climat, tels que le Fonds spécial ClimDev-Afrique (CDSF) et le Fonds africain pour le changement climatique (ACCF), afin d’améliorer le réseau météorologique et les systèmes de prévision climatique au Sahel (projet du CDSF) et de créer un environnement institutionnel et politique propice à la transition vers la croissance verte au Mali (projet de l’ACCF).

Financé par la BAD avec le soutien de la FAO et de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), le projet BIOPALT, mis en œuvre par l’UNESCO, vise à sauvegarder les ressources hydrologiques, biologiques et culturelles de ce bassin. Le projet permet aux cinq pays membres de la CBLT de renforcer leurs capacités pour une gestion transfrontalière coordonnée du bassin. Il comprend la mise en place d’un système d’alerte précoce aux inondations et aux sécheresses pour la résilience climatique, afin de protéger les moyens de subsistance de plus de 40 millions d’habitants.

Au niveau régional, la France accompagne les pays du Sahel à travers l’initiative CREWS (Climate Risk and Early Warning Systems), qui met en œuvre un projet de systèmes d’alerte précoce dans la région. La France apporte également un appui financier au mécanisme d’assurance African Risk Capacity, pour faire face à l’impact des événements climatiques extrêmes. Par le biais du mécanisme Adapt’Action de l’Agence française de développement, la France soutient la mise en place d’un système national de suivi-évaluation de la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) du Niger, en partenariat avec le PNUD et la Banque mondiale.

Au Burkina Faso et au Niger, le PAM et l’UNICEF travaillent avec des ONG locales et internationales dans le cadre de l’initiative Resilience in the Sahel Enhanced (RISE) financée par l’USAID. Cette initiative s’attaque aux causes sous-jacentes de la vulnérabilité chronique et œuvre pour un renforcement de la résilience face aux chocs externes récurrents. Le programme appuie les mêmes communautés vulnérables depuis plusieurs années et a bénéficié à environ 400.000 personnes dans 60 communautés au Burkina Faso et au Niger. Au Niger, plus de 90.000 hectares de terres dégradées ont été réhabilitées, ce qui a permis d’augmenter très significativement la production et l’accès à la nourriture pour les communautés les plus vulnérables.

Pour résoudre les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles, dans le cadre du Programme d’investissement prioritaire (PIP) du G5 Sahel, le PAM, la FAO et l’OIM entreprennent conjointement des initiatives opérationnelles liées à la transhumance résiliente.

Dans le cadre de la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel (UNISS), le projet phare intitulé « Autonomiser les femmes grâce à des chaînes de valeur agricoles résilientes face au changement climatique » a déjà bénéficié directement et indirectement à plus de 30 000 femmes entrepreneurs du secteur agroalimentaire. L’initiative est un programme conjoint des Nations Unies avec le Secrétariat Exécutif du G5 et implique le PNUD, la FAO, l’UNICEF, ONU Femmes, le PAM, l’OIM, le FNUAP et OCHA.

Le Foreign Commonwealth and Development Office (FCDO) du RoyaumeUni a mis en place deux programmes liés au climat ciblant spécifiquement les pays du G5 Sahel: un programme de réponse aux chocs qui vise à orienter de manière préventive les transferts d’argent liquide vers les populations pauvres et vulnérables exposées aux chocs climatiques anticipés et un programme de production d’énergie hors réseau, à travers des mini-réseaux verts et de systèmes solaires domestiques dans les zones rurales du Sahel.

 

%d blogueurs aiment cette page :