Humanitaire

A Kaya et Fouli, les déplacés internes manquent des besoins de première nécessité

un enfant couché à même le sol

Reportage – Plusieurs milliers de nouveaux déplacés internes dans la province du lac vivent toujours dans une situation précaire. Ces derniers sont victimes directes des dernières attaques de Boko Haram dans les îles du lac Tchad.  Ils sont à la merci des éléments car sans couverture, ni assistance humanitaire quelconque. Profitant de leur dernier séjour dans la province du Lac, nos reporters se sont entretenus avec eux. Ces derniers ne tardent pas à dire ce dont ils manquent. La majorité des personnes interrogées, disent manquer de nourriture, d’abri et d’eau. Selon le témoignage d’un déplacé qui a voulu garder l’anonymat : « Boko Haram a tué 33 membres de notre famille. Après nous avons été obligés de quitter les îles pour nous réfugier sur la terre ferme. C’est pour notre survie que nous nous sommes retrouvés ici, on n’a jamais mis pied sur la terre ferme. Toute notre vie était sur l’île. La situation dans notre site est plus difficile qu’à Bibi. Boko Haram a emporté tous nos biens, brûlé nos maisons. On est sans abri, sans nourriture,  ni eau ni médicaments. On est à la merci de Dieu. »

Le responsable local du site de Kousseri 2 appelle à l’aide

Les sites où les déplacés vivent ces situations difficiles sont ceux de Kaya et Fouli. Boko Haram a pris tous leurs biens et leur situation est difficile en cette période de fraîcheur.  Selon le responsable local du site de Kousseri 2, Blâma Kinnay kougou Tchari, indique que le gouvernement et ses partenaires doivent secourir les déplacés internes. Ils sont des milliers et le nombre augmente de jour en jour: « Les nouveaux déplacés internes sont à la merci de Dieu, leur situation est très difficile. Pas d’abris. La vie dépend de la nourriture.  Ils n’ont rien à manger, pas d’eau potable, pas de couverture en cette période de fraîcheur. Nous les déplacés qui sont arrivés avant eux, nous avons partagé le peu que nous possédons, nous leur avons donné de la paille pour leur permettre de construire des abris. Personne ne connaît le nombre. Chaque matin ce nombre augmente. Si aujourd’hui, ils sont 50 le lendemain 100 autres viennent. Les gens sont entraînés à sortir massivement des îles. Personne ne détient le chiffre des nouveaux déplacés. »

Des chiffres qui parlent

Dans sa matrice du suivi des déplacements dans la province du Lac Tchad et dont les données ont été collectées du 11 septembre au 5 octobre 2020, l’Organisation Internationale pour les Migrations compte les déplacés par milliers. OIM rapporte un chiffre de 393 483 individus, dont 336 124 personnes déplacées internes,  ce qui représente 85% de la population déplacée. On note aussi 30 422 retournés venus de l’étranger, soit 8%, et 26 937 retournés représentant 7% de la population des IDPs.

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